Pascal SIAKAM : De Douala au sommet de la NBA

Pascal SIAKAM : De Douala au sommet de la NBA

Pascal SIAKAM : De Douala au sommet de la NBA

Pascal SIAKAM : De Douala au sommet de la NBA


Vendredi 16 juin, il est environ 5 heures du matin à Douala, Pascal SIAKAM est sacré champion NBA avec son équipe, les Raptors de Toronto. Il devient dans la foulée le premier camerounais à remporter le championnat de basket-ball nord-américain à tout juste 25 ans. Chose à peine croyable pour le natif de Douala qui, il y’a six ans à peine quittait le Cameroun pour aller suivre son nouveau rêve : devenir basketteur professionnel. Retour sur le parcours d’un champion.

Comme tout jeune camerounais, il est tout d’abord passionnée par le football (les plus grandes gloires du sport au Cameroun étant tous des footballeurs à l’instar d’Albert Roger Milla ou de Samuel Eto’o Fils), mais entrainé par ses ainés (tous joueurs de basket-ball), Pascal s’y met peu à peu et participe en 2011 à un camp de basket-ball au Cameroun organisé par celui qui était à cette époque le seul camerounais évoluant en NBA (Luc Richard Mbah A Mouté). Camp au cours duquel il se fait remarquer positivement. Il participera par la suite à un autre camp de basket-ball en Afrique du Sud, une nouvelle fois concluant et c’est à cet instant qu’il commence à envisager le basket-ball comme sport dans lequel il pourrait faire carrière.

En 2013, il s’envole pour les États-Unis où il intègre tout d’abord un lycée dans l’Etat du Texas puis l’université de l’Etat du nouveau Mexique en 2014. Il joue pour les Aggies (l’équipe de basket-ball de son université) entre 2014 et 2016 et au terme de la deuxième année, il est élu meilleur joueur de l’année de la Western Athletic Conference, et la même année, très exactement le 16 avril 2016, il annonce sa candidature à la NBA Draft. Il est drafté dès le premier tour le 23 juin 2016 à la 27ème position par l’équipe des Raptors de Toronto, devenant à ce moment le troisième camerounais en NBA après Joël Embiid drafté à la 3ème position en 2014. Il signe par la suite (le 9 juillet 2016) son premier contrat de rookie avec les Raptors. Une consécration pour celui-là qui 3 ans plus tôt était juste un jeune basketteur prometteur et arpentant les rues de la capitale économique.


Pascal SIAKAM : De Douala au sommet de la NBA - Draft 2016

Celui qui a grandit dans une famille catholique et qui à un moment voulait devenir prêtre a dû faire face à la rigueur du séminaire. Il est donc contraint de revoir ses plans mais durant tout ce parcours, ses proches le soutiennent et ils l’ont toujours porté, surtout poussé à réussir. À l’instar de ses frères qui l’ont entrainé au basket-ball. Nul doute que son papa décédé en 2014 serait très fier de lui aujourd’hui. Spicy P (son surnom en NBA) ne manque jamais d’ailleurs l’occasion de lui rendre un vibrant hommage. En témoignent ses baskets toujours marquées d’un « RIP Dad » suivi de la date de décès (23 octobre), écrit à la main, ainsi que son #doingitforyou qu’il utilise sur la quasi-totalité de ses publications sur les réseaux sociaux, comme pour marquer son attachement à son papa à ce qui pour lui est bien plus qu’une symbolique mais un devoir de mémoire.


Pascal SIAKAM : De Douala au sommet de la NBA - Hommage à son papa

Ses débuts en NBA sont compliqués, il arrive dans une franchisse avec son duo d’All-Star (Kyle Lowry et DeMare DeRozan). Il doit essayer de se faire une place mais ce n’est pas évident pour un rookie qui arrive dans une team qui tourne très bien en saison régulière mais qui a du mal en playoffs. Il est quasiment contraint d’aller en G-League, le championnat des équipes réserves des franchises NBA, avant de grappiller du temps de jeu. Il joue alors cette année avec les Raptors 905 en compagnie de Fred VanVleet et Norman Powell, ses coéquipiers dans l’équipe actuelle.

Il termine cette année champion de la NBA G-League et MVP de la saison et remonte en équipe première, une équipe qui entre temps a subit de nombreuses modifications. Dans le but de construire une équipe plus compétitive et capable de remporter un titre NBA, Masai Ujiri, le nigérian et président des Raptors prend alors des décisions fortes qui laissent le monde de la NBA perplexe. Ils se sépare de Dwane Casey pourtant fraichement nommé Coach of the year. Il ne s’arrête pas là car son plus gros coup c’est l’échange entre DeRozan et Kawhi Leornard qui n’avait d’ailleurs pas joué toute la saison précédente à cause d’une blessure au genou. Et puis en février, lors des trades de mi-saison, il parvient à enroller Marc Gazol devenu indésirable chez les Memphis.

Grace à ses performances de hauts vol, Spicy P devient le deuxième joueur le plus important de sa franchise au point où en fin d’année 2018, il est fortement pressenti pour être All-Star alors qu’il n’est qu’à sa première vraie année en NBA. Il n’est malheureusement pas retenu pour le All-Star game mais travailleur acharné qu’il est, il ne baisse pas les bras et continue de progresser avec son équipe, les Raptors de Toronto. Nul doute par contre qu’il sera MIP (Most Improved Player) de cette saison. Ce titre récompense le joueur ayant le plus progresser tout au long de la saison. Son principal concurrent pour ce titre c’est le meneur des Nets de Brooklyn D’Angelo Russell qui n’a malheureusement pas existé durant ces playoffs (éliminé dès le premier tour par les 76ers de Philadelphie), ouvrant ainsi un boulevard royal à Spicy P pour ce titre. Difficile avec la saison qu’il a fait de ne pas être couronné lors des NBA awards qui auront lieu durant ce mois de Juin 2019.


Pascal SIAKAM : De Douala au sommet de la NBA - Hommage à son papa

Sur un point de vue statistique, ce que réalise Pascal Siakam est tout simplement exceptionnel, au point où certains se demandent s’il ne serait pas mieux pour lui, pour continuer à progresser et surtout mettre un peu plus de projecteur sur lui de devenir un « franchise player ». Quoi qu’il en soit, à la vue de sa progression actuelle, nul doute qu’il deviendra d’ici quelques années ce joueur-là.

Celui qui déclarait à la fin du match « Je veux leur dire que c'est possible, si tu crois en quelque chose et que tu travailles. Cela peut sembler cliché, mais c'est la vérité, j'en suis la preuve ». Pour s’adresser à la jeunesse africaine en générale et camerounaise en particulier, comme s’il fallait encore une preuve que le travail peut vous amener au sommet, Siakam est l’exemple là même du travail acharné. Pourtant, aussi humble qu’il soit, il reconnait qu’il a encore une grosse marge de progression et déclare d’ailleurs : « je continue d’apprendre », comme pour dire qu’il ne faut pas se reposer sur ses lauriers.

Même s'il n'est pas le premier Africain sacré champion NBA (les Nigérians Hakeem Olajuwon, avec Houston en 1994 et 1995, et Festus Ezeli avec Golden State en 2015 l'ont devancé), ce titre est l'apothéose d'un incroyable parcours où rien ne le prédestinait à un tel scénario.

Statistiquement parlant, Pascal Siakam a été tout simplement immense pendant ces playoffs en général et ces finales en particuliers. Il ouvre d’ailleurs le bal lors de la victoire de son équipe dans le match 1 en rendant une copie propre (32 points, 8 rebonds et 5 passes). Il est d’ailleurs meilleur joueur du match 1. Il remet ça dans le match 6 qui sacre Toronto champion NBA. Il termine ce match meilleur marqueur de son équipe avec 26 points, 10 rebonds et 3 passes.


Pascal SIAKAM : De Douala au sommet de la NBA - Statistique Match 1 - Finales NBA 2019

La progression de Pascal en saison régulière est tout simplement phénoménale, en juger par le tableau ci-dessous :


Pascal SIAKAM : De Douala au sommet de la NBA - Statistique en saison régulière en NBA



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