Rencontre avec Christopher Mfoula

Rencontre avec Christopher Mfoula

Rencontre avec Christopher Mfoula

Rencontre avec Christopher Mfoula


Né au Cameroun dans la région du Centre, plus précisément à Akonolinga, Christopher Mfoula est un jeune auteur âgé de 24 ans, passionné d'art et des lettres. Il a suivi des études de droit à la faculté́ des sciences juridiques et politiques à l'université́ de Yaoundé́ 2, ainsi qu'une formation en logistique et transport. Il publie son premier roman « Pardonne-moi » chez Edilivre à seulement 20 ans et enchaîne les opus, entre autres, « Demain je t'oublierai », « À bout de souffle », « flétrissures » et « Demain », son dernier opus, publié chez lelysbleueditions.

C’est avec plaisir qu’il a bien voulu nous accorder cette interview dans laquelle, il nous relate son parcours mais aussi ses aspirations. 


Il n’est pas commun de rencontrer un jeune homme de 22 ans avec un tel talent pour l’écriture. D’où te vient cette passion pour la littérature et l’écriture ?

C’est gentil, même si je suis toujours très surpris par une remarque positive sur ma plume. Depuis mon adolescence j’aime réaliser, créer, laisser mon imagination s’exprimer au travers du dessin, de la peinture ou de l’écriture. Avant de me lancer dans l’écriture, je réalisais de petites bandes dessinées que je faisais lire à mes amis. Mais au fil du temps, j’ai finir par perdre cette passion pour le dessin et c’est tout naturellement que je me suis orienté vers l’écriture. Mon goût prononcé pour la littérature est né en classe de terminale, pendant ma rencontre avec mon professeur de Français. Cet homme me fascinait par sa maîtrise de la langue française et le charisme qu’il dégageait. Je me suis juré d’être comme lui et c’est ainsi que j’ai entamé la lecture du dictionnaire et de toutes les œuvres que j’avais à ma disposition. Progressivement est née cette passion pour la littérature. Tout naturellement.

À quel âge as-tu écrit pour la première fois ?

La première fois que j’ai écrit, j’avais dix-neuf ans. Je m’en souviens comme si c’était hier. Je m’étais installé chez ma mère, dans un petit coin isolé à l’est du pays, pendant trois mois et chaque matin pour m’occuper après la cuisine et le ménage, j’écrivais une histoire sortie tout droit de mon imagination. Le plus surprenant c’est que j’aimais ça. J’étais capable d’écrire des heures sans éprouver la moindre fatigue. Je n’allais pas beaucoup vers les autres jeunes de mon âge, étant très introverti et peu bavard à la base, c’était ma seule distraction. Je m’isolais et j’écrivais. C’était naturel et spontané, les mots s'enchaînent d’eux-mêmes. Ce qui au départ n’était qu’un simple hobby qui m’aidait à égrainer le temps, a fini par prendre forme et devenir un véritable roman de 306 pages que j’ai préféré conserver bien au chaud dans mon tiroir. Peut-être dans quelques années par la grâce de Dieu, je le ferai publier.

Rencontre avec Christopher Mfoula

Les histoires racontées dans tes romans sont-elles purement fictives ou alors certaines sont tirées de faits réels ?

Toutes mes histoires sont fictives, mais certains personnages tirent leurs caractères des nombreuses personnes que j’ai rencontrées jusqu’ici. Je donne également un peu de moi dans mes histoires car j’écris avec le cœur et étonnement il m’arrive de pleurer en écrivant. Mes mots viennent du plus profond de mon âme et c’est un réel plaisir de les transposer dans mes histoires. Elles sont certes fictives, mais sont à 50% tirées de mes expériences et de celles des personnes que je côtoie. Je reste dans le rôle de l’écrivain qui vise aussi à divertir.

Qu’est-ce qui t’inspire et te donne envie d’écrire ?

Mon cerveau est sans cesse au travail. Je ne réfléchis pas réellement avant d’écrire. Les histoires viennent à moi, parfois sous forme de songes. Mais à tout moment l’inspiration peut arriver. Je peux être avec ma famille devant un bon film, et tout vient à moi comme un flash, c’est spontané ; ou dans un café avec des amis et une scène me vient en tête. Je me laisse transporter par mon imagination sans m’imposer de limites et j’écris sans réfléchir, comme si j’étais témoin de l’action. Mon véritable moteur c’est ma passion pour mon travail. J’éprouve ce besoin brûlant de constamment créer, réaliser, partager mes rêves et ces parties de moi avec les autres. C’est tout cela qui me donne la force de toujours écrire, même lorsque le moral est bas.

Qu’as-tu ressenti la première fois que tu as été publié ?

(Rire) J’étais surexcité. J’ai sautillé dans toute la maison comme une puce. Je me souviens que ce jour-là j’ai fait à manger. Mais sans véritable raison, je n’avais rien avalé de la journée. Et lorsque j’ai reçu ce Mail de mon assistante éditoriale qui me notifiait que mon roman était enfin sorti, j’ai tellement mangé que j’avais une indigestion. J’ai hurlé, sauté et dansé toute la soirée. C’était inimaginable ! Se dire que moi, ce jeune homme rêveur, toujours isolé et enfermé dans sa chambre, très introverti, avait été édité par des professionnels de l’édition, était incroyable. Mon cœur battait à tout rompre et j’ai mis deux jours pour l’accepter. D’ailleurs j’allais sur Google sans arrêt, pour vérifier, afin d’être sûr que je ne rêvais pas. Mais lorsqu’enfin, j’ai fini par admettre que c’était bel et bien réel, j’ai pleuré de joie dans ma chambre.

Quel(s) conseil(s) peux-tu donner à des jeunes passionnés de littérature et d’écriture qui aimeraient, comme toi, se lancer dans le domaine ?

Je ne pensais pas qu’on me poserait cette question un jour (rire). Je leurs dirai simplement de foncer sans craintes, de bosser dur, lire beaucoup, apprendre des autres auteurs expérimentés, se renseigner sur les possibilités qu’offrent les maisons d’éditions auxquelles ils aimeraient confier leurs manuscrits, mais surtout, le faire avec passion et éviter de s’y lancer pour de l’argent. C’est la passion qui nous donne la force et le courage nécessaires pour ne pas abandonner face aux difficultés que nous rencontrons, peu importe le domaine dans lequel nous nous lançons. C’est elle qui nourrit la bête de détermination qui sommeille en nous. Peu importe ce que vous écrivez, n’ayez pas peur de l’envoyer à des éditeurs. Leurs retours, positifs ou négatifs, vous aideront à évoluer et peaufiner votre talent. Être jeune et se lancer dans l’écriture n’est pas du tout facile, mais comme mon père le disait,  « non-plus impossible ». Il faut oser, se laisser aller et imposer son style, afin de prouver aux éditeurs et à vos futurs lecteurs que vous êtes capables de vous frayer un chemin dans cette voie mais surtout, que vous êtes dignes d’être lus.


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